Je suis une Amazone

LE QUÉBEC N’EST PAS UN CLUB PRIVÉ.

Christiane Blais voulait faire le buzz.

Eh bien… le buzz toxique contre le bien vivre-ensemble est fait. 

« Entrepreneure engagée, passionnée par son métier et impliquée en formation continue au Cégep Garneau », voilà comment elle se décrit sur ses réseaux sociaux.(…) Dans son post (voir capture d’écran dans le bas de cette article) via Facebook, elle dit vouloir questionner l’utilisation d’un véhicule d’Hydro-Québec après avoir croisé une famille sur le traversier Québec-Lévis.

Jusque-là? Question légitime.

Une société d’État appartient aux Québécois. On peut demander des comptes sur l’utilisation de ses ressources.

Mais pourquoi fallait-il photographier cette famille, leur apparence était-elle nécessaire? Et tristement de dos après leur avoir parlé en face; voilà l’attitude de celle qui poignarde dans le dos. Je m’abstiendrais de qualifier cette attitude pour éviter de faire comme Mme Blais détourner la vraie question.

Pourquoi leur apparence devient-elle le point de départ d’une réflexion sur « le Québec qu’on ne reconnaît plus »?

Et surtout…

Depuis quand l’apparence d’une famille permet-elle de déterminer qui est québécois?

Parce que derrière cette photo, il y a peut-être un ingénieur, un professionnel, un entrepreneur, une femme qui travaille, un enfant né ici, une famille qui paie ses impôts, bref, des gens qui ont étudié, travaillé, contribué et construit leur vie au Québec.

Et oui : ils peuvent être québécois; Noirs. Arabes, Asiatiques, Blancs, Musulmans, Chrétiens, Athées, Immigrants, Enfants d’immigrants, Québécois quand même.

C’est là que mon malaise devient immense.

Parce que lorsqu’on enseigne l’entrepreneuriat, on devrait justement apprendre à voir le potentiel avant l’apparence, la compétence avant l’origine et la contribution avant les préjugés.

Je suis moi-même une femme immigrante. J’ai étudié, travaillé, entrepris, contribué, traversé des épreuves, bâti. (…)

Et pourtant, à lire certains discours, j’ai parfois l’impression que peu importe mes diplômes, mes années d’engagement, mes impôts, mon travail et ma contribution, mon seul tort serait d’être née ailleurs et avoir une couleur qui parle plus fort que tout le reste. 

Eh bien non.

Je refuse cette définition du Québec.

Et je reprends ici les mots de Mme Grenier, tu sais une autre femme qui a répondu au post de Mme Blais. Elle, que j’appellerai une compatriote humaine et Québécoise. Son commentaire dit exactement ce que je pense :

 « La fibre culturelle québécoise n’est pas une couleur de peau. Ce n’est pas une religion, ce n’est pas un vêtement, ce n’est pas une origine ethnique. »

Merci.

La culture québécoise, c’est une langue, une histoire, des traditions, une mémoire collective, des valeurs.

Mais surtout…

un sentiment d’appartenance.

Si pour être Québécois il faut avoir la bonne couleur de peau, le bon nom de famille et les bons vêtements, alors ce n’est plus une culture qu’on défend.

C’est une vision ethnique du Québec.

Et ça, ce n’est pas le Québec auquel je veux appartenir.

Mme Blais, moi aussi j’ai parfois « honte » de voir mon Québec présenté ainsi.

Un Québec réduit à une seule couleur, à une seule apparence, à un seul modèle humain.

Pire à un petit pain blanc sorti trop vite du four.(…) et pas encore assez cuit pour comprendre que le Québec de demain sera pluriel.

Parce que le Québec n’appartient pas à ceux qui étaient là avant. Eux-mêmes les Autochtones vous ont accueilli et vous ont permis de faire votre place.

Il appartient aussi à ceux qui le construisent aujourd’hui. Et parmi ceux qui le construisent, il y a cette famille photographiée de dos sur votre traversier.

Peut-être même que l’enfant de cette famille deviendra un jour ingénieur comme son père, entrepreneur, médecin, enseignant, artiste, leader.

Et peut-être même, votre étudiant.

J’espère alors qu’il sera regardé pour ce qu’il est capable de devenir, et non pour la couleur de sa peau ou l’origine de ses parents.

Parce que,

LE QUÉBEC N’EST PAS UN CLUB PRIVÉ.

Et être Québécois n’est pas une question de couleur. C’est une question d’appartenance.

Je vous exhorte en toute sororité à vous ressaisir Mme Christiane Blais; vous travaillez dans un Cégep, un milieu des plus multiculturels au Québec et vous formez des entrepreneurs(…)

#Quebec #nonauxprejuges #nonauracisme #inclusion #diversite #equite #egalite #entrepreneuriat

Elvire B Toffa

(Femme Noire et Fière Québécoise à 100%

Entrepreneure et accompagnante de personnes immigrées dans leur intégration socioprofessionnelle et comme vous professionnelle au collégial. Accompagnante d’entrepreneurs.)

Cliquez sur les images pour les voir dans leur véritable taille.

« Progressez chaque jour avec audace vers vos rêves, refusez les coups
d’arrêt et rien ne pourra vous arrêter. »

E
lvire B Toffa
Accompagnante et stratège en inclusion socioprofessionnelle des personnes issues de l’immigration.
Entrepreneure & Conférencière : 
lamazone.ca
academieamazone.com

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