KAMA : le poème de ma vie
(Ce texte je l’ai écrit en 2016 et nous sommes en 2026, ça fait 10 ans; il porte quelque chose de profond : je pars de situations où les autres me renvoient à ma couleur, parfois avec désir, parfois avec violence, parfois avec curiosité ou doute. Puis, progressivement, je reprends le pouvoir sur cette identité : je ne subis plus le regard posé sur ma couleur, je choisis ce qu’elle signifie pour moi.
Et la dernière répétition « Je suis une femme Noire » n’est plus une constatation. C’est une affirmation.
C’est ma voix et mon histoire. Ce poème ne se veut pas que « littéraire ». Il se veut être et rester MOI.
Ma démarche artistique
1. Le regard des autres
« J’adore les femmes Noires. »
2. La violence des autres
« Câline de Négresse, tâche noire… »
3. La transmission
« Maman, suis-je Blanc comme papa ou Noir comme toi? »
4. Le regard social et institutionnel
L’allaitement, la justice, le travail, l’entrepreneuriat.
5. La prise de conscience
« J’ai compris que j’étais différente et visiblement différente. »
6. La réappropriation
« Je n’allais être la victime de personne, mais la lampe dont il a besoin pour éclairer son ignorance. »
7. La mission
« Faire de cette femme Noire une meilleure version d’elle-même dans chaque sphère de sa vie. »
8. L’Amazone
J’arrive finalement à ce qui semble être le cœur de mon identité actuelle : la couleur comme empreinte, la différence comme force, l’Amazone comme mouvement.
Et la métaphore finale est magnifique :
« Comme l’argile dans les mains du potier, me laisser pétrir, recréer, réinventer. Je suis la potière, je choisis la forme. »
C’est probablement là que le poème devient véritablement le poème de ma vie : je passe de celle que les autres définissent à celle qui se façonne elle-même.
KAMA
La fois où j’ai su que j’étais une femme Noire
———
La fois où j’ai su que j’étais une femme Noire
————
La fois où je me suis aimée pour vrai,
j’ai compris que j’étais une femme.
Une femme Noire.
Une femme de la terre KAMA,
la terre du Soleil,
l’Afrique.
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La fois où j’ai su que j’étais une femme Noire,
un homme m’a dit :
« J’adore les femmes Noires. »
Il aime ma couleur…
me suis-je demandé.
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La fois où j’ai su que j’étais une femme Noire,
un homme en colère m’a dit :
« Câline de Négresse… tâche noire… »
Il déteste ma couleur…
me suis-je questionnée.
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La fois où j’ai su que j’étais une femme Noire,
mon fils m’a demandé :
« Maman,
suis-je Blanc comme papa
ou Noir comme toi? »
Il s’interroge sur ma couleur,
qui est aussi la sienne à moitié…
lui ai-je expliqué.
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La fois où j’ai su que j’étais une femme Noire,
je me suis retrouvée minoritaire
parmi mes collègues,
mères à un atelier d’allaitement.
Une femme m’a demandé :
« Comment c’est chez toi, l’allaitement? »
Elle est curieuse de la couleur de mes seins
et de mon lait,
pensais-je en souriant.
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La fois où j’ai su que j’étais une femme Noire,
je me suis retrouvée devant la justice.
Elle m’a demandé
si je parlais la même langue qu’elle.
C’est quoi,
la langue que reflète ma couleur?
me suis-je interrogée.
⸻
La fois où j’ai su que j’étais une femme Noire,
la personne qui devait me défendre
croyait le plaignant.
Je n’avais, me semblait-il,
pas la couleur de l’innocence…
me suis-je questionnée.
⸻
La fois où j’ai su que j’étais une femme Noire,
l’agent de développement économique
m’a demandé si mon projet était inclusif.
Il me semble que,
dans la description écrite en français,
je parle de gens d’ici
et de partout.
Avais-je la couleur
du bon profil entrepreneurial
pour un tel projet,
un peu trop ambitieux?
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La fois où j’ai su que j’étais une femme Noire,
j’ai compris que j’étais différente.
Et visiblement différente.
Et que j’allais m’aimer
parce que j’avais le privilège
d’avoir ma couleur.
⸻
**Ce jour-là,
je me suis aimée pour vrai.**
J’ai compris que c’est avec ma différence
que je serai une amie,
une collègue,
une maman,
une compagne…
une femme,
tout simplement.
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**Ce jour-là,
je me suis aimée pour vrai.**
J’ai compris que tout être humain
avait le droit de se questionner
face à la différence.
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**Ce jour-là,
je me suis aimée pour vrai.**
Je n’allais être la victime de personne,
mais la lampe dont il a besoin
pour éclairer son ignorance.
⸻
**Ce jour-là,
je me suis aimée pour vrai.**
J’ai compris que je n’allais être
ni un fantasme de l’exotisme
rendu plaisir charnel,
ni un trophée de victoire
de l’assoiffé de pouvoir
du fort sur le faible.
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**Ce jour-là,
je me suis aimée pour vrai.**
J’ai compris que je serai une partie
de cette belle mosaïque culturelle,
empreinte des valeurs et de l’histoire
en chacun de mes enfants.
⸻
**Ce jour-là,
je me suis aimée pour vrai.**
J’ai compris que j’étais une Amazone.
J’allais franchir et traverser la ligne,
aller dans la masse des citoyens du Monde
et offrir l’empreinte de ma couleur
avec amour.
J’allais aller chez l’autre,
d’ici ou d’ailleurs,
et lui partager
QUI je suis.
Un être humain,
tout simplement.
⸻
**Ce jour-là,
je me suis aimée pour vrai.**
J’ai compris que j’avais une mission :
**Faire de cette femme Noire
une meilleure version d’elle-même
dans chaque sphère de sa vie.**
⸻
Cette vie que le valeureux Maître de l’histoire
a daigné m’offrir,
j’allais lui en rendre grâce
et en faire une œuvre d’art.
Comme l’argile dans les mains du potier,
me laisser pétrir,
recréer,
réinventer…
⸻
Mais j’ai compris quelque chose.
Je suis la potière.
Je choisis la forme.
Et je l’aime,
MA COULEUR.
Elle est Amour.
⸻
Je suis une femme Noire.
Je suis une femme Noire.
Je suis une femme Noire.
*KAMA: c’est le poème de ma vie. Il continue de s’écrire encore en 2026.
Elvire B T
* (La Conférencière qui s’inspire du mouvement pour guérir ses maux et leur donner un sens avec des mots.
Celle qui t’amène à prendre conscience de ta valeur intrinsèque et à agir à la mesure de cette valeur — ni plus, ni moins.
Celle qui OUVRE LA VOIX pour mettre des mots sur ces choses trop longtemps refoulées.
Parce que parfois,
il faut bouger pour se libérer,
oser pour se révéler,
et parler pour enfin se choisir.
Le mouvement trace le chemin.
La voix ouvre la voie.)
Lamazone.ca
*Illustration Maquillage et Photo: Fée Marraine « Empreintes de KAMA » en 2019 à CasafriqTrois-Rivières.
#gratitude
« Progressez chaque jour avec audace vers vos rêves, refusez les coups
d’arrêt et rien ne pourra vous arrêter. »
Elvire B Toffa
Accompagnante et stratège en inclusion socioprofessionnelle des personnes issues de l’immigration.
Entrepreneure & Conférencière :
lamazone.ca
academieamazone.com